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Épisode
3 février 2026 -
Direction l'Amérique centrale avec le guitariste suisso-hondurien Louis Matute et son groupe, le Large Ensemble. Leur nouveau disque s'intitule Dolce Vita, un titre ironique car derrière cette douceur apparente se cache en réalité une histoire bien plus douloureuse : celle de l'exil forcé du grand-père de Louis Matute et sa famille, chassés du Honduras par la dictature. En se plongeant dans son...
Direction l'Amérique centrale avec le guitariste suisso-hondurien Louis Matute et son groupe, le Large Ensemble. Leur nouveau disque s'intitule Dolce Vita, un titre ironique car derrière cette douceur apparente se cache en réalité une histoire bien plus douloureuse : celle de l'exil forcé du grand-père de Louis Matute et sa famille, chassés du Honduras par la dictature. En se plongeant dans son histoire, Louis Matute a cherché à comprendre les raisons qui ont poussé sa famille à quitter le Honduras en 1972. Ses recherches l’ont conduit à découvrir le combat de son grand-père contre l'impérialisme américain et leur volonté d'asservir l'Amérique centrale à travers la United Fruit Company : une entreprise bananière américaine qui imposait alors sa loi sur l'économie, la répartition des terres et la politique, réprimant les travailleurs au profit de ses plantations et soutenant les dictatures. C’est cette mémoire qui a nourri toute la narration de Dolce Vita. Une mémoire en musique « J'avais envie de raconter le racisme qu'a subi mon père à son arrivée en Suisse » explique Louis Matute. « La manière dont il a dû se comporter pour s'acclimater, pour se faire accepter. Notamment en ayant recours à jouer un personnage, à jouer avec les clichés que se font les occidentaux sur les latinos. La légèreté de vivre, les beaux paysages, la musique, la gentillesse, la chaleur humaine, les couleurs... Des traits en partie vrais, certes, mais qui ne définissent pas du tout l'entièreté de cette culture où la politique et l’histoire sont souvent bien plus sombres que ce qu'on peut imaginer. » Parmi les invités de choix sur l’album, on reconnaît la voix légendaire de Joyce Moreno, pionnière de la bossa nova et figure majeure de la MPB (musique populaire brésilienne) depuis les années 1960. Le Brésil occupe une place importante dans Dolce Vita, car Louis Matute est fan de sa musique des années 1970-80, notamment du violoncelliste et arrangeur Jacques Morelenbaum, collaborateur de Tom Jobim, mais aussi de la chanteuse tropicaliste Paola Morelenbaum, proche de Chico Buarque, Gal Costa, Caetano Veloso et Gilberto Gil. Alors pourquoi ne pas s'offrir un featuring avec la fille de ces deux artistes ? La chanteuse Dora Morelenbaum prête sa voix sur le morceau « Nao me convém ». Un voyage musical sans frontières Au-delà du Brésil, Louis Matute est aussi allé fouiller du côté des musiques du Honduras, évidemment, d'où il a tiré plusieurs références : « J'ai passé 2-3 ans à écouter différents styles de musique qui venaient de cette région-là, du Honduras. Il y a la communauté Garifuna, installée dans le nord du Honduras, sur la côte caribéenne et au Nicaragua. On y croise des influences de musique calypso, merengue, bachata, même de flamenco. Mais sinon, globalement, ce qui s’écoutait à la fin du 20e siècle, c'était plus de la salsa, du merengue et de la bachata comme il y a en République Dominicaine ou à Puerto Rico. » Un clin d’oeil au Mexique s’invite aussi sur le morceau « Gringolandia », hommage au tableau du même nom de Frida Kahlo, peint pendant son séjour aux États-Unis avec Diego Rivera, oeuvre emblématique de son rejet de l’impérialisme américain et de son attachement à ses racines mexicaines. Dolce Vita, le nouvel album du guitariste Louis Matute enregistré entre Paris et Rio, à retrouver sur scène le 26 mars à Morges, en Suisse.
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Direction l'Amérique centrale avec le guitariste suisso-hondurien Louis Matute et son groupe, le Large Ensemble. Leur nouveau disque s'intitule Dolce Vita, un titre ironique car derrière cette douceur apparente se cache en réalité une histoire bien plus douloureuse : celle de l'exil forcé du grand-père de Louis Matute et sa famille, chassés du Honduras par la dictature.
En se plongeant dans son histoire, Louis Matute a cherché à comprendre les raisons qui ont poussé sa famille à quitter le Honduras en 1972. Ses recherches l’ont conduit à découvrir le combat de son grand-père contre l'impérialisme américain et leur volonté d'asservir l'Amérique centrale à travers la United Fruit Company : une entreprise bananière américaine qui imposait alors sa loi sur l'économie, la répartition des terres et la politique, réprimant les travailleurs au profit de ses plantations et soutenant les dictatures. C’est cette mémoire qui a nourri toute la narration de Dolce Vita.
« J'avais envie de raconter le racisme qu'a subi mon père à son arrivée en Suisse » explique Louis Matute. « La manière dont il a dû se comporter pour s'acclimater, pour se faire accepter. Notamment en ayant recours à jouer un personnage, à jouer avec les clichés que se font les occidentaux sur les latinos. La légèreté de vivre, les beaux paysages, la musique, la gentillesse, la chaleur humaine, les couleurs... Des traits en partie vrais, certes, mais qui ne définissent pas du tout l'entièreté de cette culture où la politique et l’histoire sont souvent bien plus sombres que ce qu'on peut imaginer. »
Parmi les invités de choix sur l’album, on reconnaît la voix légendaire de Joyce Moreno, pionnière de la bossa nova et figure majeure de la MPB (musique populaire brésilienne) depuis les années 1960. Le Brésil occupe une place importante dans Dolce Vita, car Louis Matute est fan de sa musique des années 1970-80, notamment du violoncelliste et arrangeur Jacques Morelenbaum, collaborateur de Tom Jobim, mais aussi de la chanteuse tropicaliste Paola Morelenbaum, proche de Chico Buarque, Gal Costa, Caetano Veloso et Gilberto Gil. Alors pourquoi ne pas s'offrir un featuring avec la fille de ces deux artistes ? La chanteuse Dora Morelenbaum prête sa voix sur le morceau « Nao me convém ».
Au-delà du Brésil, Louis Matute est aussi allé fouiller du côté des musiques du Honduras, évidemment, d'où il a tiré plusieurs références : « J'ai passé 2-3 ans à écouter différents styles de musique qui venaient de cette région-là, du Honduras. Il y a la communauté Garifuna, installée dans le nord du Honduras, sur la côte caribéenne et au Nicaragua. On y croise des influences de musique calypso, merengue, bachata, même de flamenco. Mais sinon, globalement, ce qui s’écoutait à la fin du 20e siècle, c'était plus de la salsa, du merengue et de la bachata comme il y a en République Dominicaine ou à Puerto Rico. »
Un clin d’oeil au Mexique s’invite aussi sur le morceau « Gringolandia », hommage au tableau du même nom de Frida Kahlo, peint pendant son séjour aux États-Unis avec Diego Rivera, oeuvre emblématique de son rejet de l’impérialisme américain et de son attachement à ses racines mexicaines.
Dolce Vita, le nouvel album du guitariste Louis Matute enregistré entre Paris et Rio, à retrouver sur scène le 26 mars à Morges, en Suisse.
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